Pourquoi mon bébé ne dort pas …?

Le sommeil des bébés est quelque chose qui m’a toujours fascinée : on en parle à la fois comme si c’était naturel chez les bébés de bien dormir ( avec l’expression “dormir comme un bébé” par exemple) mais en même temps, on véhicule l’idée que quand on a un enfant, on ne fait quasiment que des nuits blanches les premiers mois… Alors, paradoxe ou pas ? Pourquoi ces deux idées pourtant strictement opposées sont-elles si populaires ? Et bien entendu, la question la plus importante : pourquoi ma fille fait-elle partie de la catégorie de bébés qui ne dorment pas “comme des bébés” ?? Il y a forcément quelque chose que d’autres ont compris avant moi, et que je ne fais pas. Je suis sûrement passée à côté de quelque chose (en plus de mes nuits). Je suis tombée sur une auteure qui se posait exactement la même question que moi : pourquoi ai-je l’impression que mon enfant est le seul à ne pas dormir correctement ? Cette personne, c’est Pamela Druckerman, jeune journaliste américaine mariée à un britannique qui vivent tous deux à Paris et ont 3 enfants. Dans son livre rédigé avec humour et finesse (“Bébé made in France, les secrets de l’éducation à la française”), elle met en évidence les différences fondamentales des modes d’éducations américains et français. Avant de commencer son ouvrage, je ne m’attendais pas à trouver de solution à mes problèmes, notamment en ce qui concerne le sommeil de ma fille. Car j’en ai lu, des livres sur le sujet, mais jamais écrits de manière aussi claire et pédagogique. Pamela est loin d’adorer la France, mais dans son livre, elle se demande pourquoi on parle si peu du mode d’éducation si exceptionnel qu’ont adoptés les français et soulève plusieurs questions mais je n’en retiendrais qu’une dans cet article dédié au sommeil : pourquoi mon bébé ne dort pas …

 

Le secret du sommeil “à la française”

Au moment où Pamela Drunckerman découvre la méthode que presque toutes les jeunes – et moins jeunes – mamans mettent en place avec leur bébé, sa propre fille, “Bean” (surnom donné suite au petit bonnet, “beanie“, offert par la maternité) est alors âgée de 9 mois. Elle se réveille plusieurs fois par nuit et empêche ses parents de profiter d’un sommeil réparateur pourtant bien mérité. Pamela est épuisée mais trouve cela normal car c’est bien connu qu’avoir un enfant n’est pas de tout repos. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de constater une différence de comportement entre les enfants américains qu’elle connait, et les jeunes français qu’elle croise dans la rue ou au restaurant : ici, pas de scène ni de crise, mais une patience d’ange qui ne semble pas résulter d’éventuelles menaces de la part des parents. Des enfants plus jeunes que Bean semblent profiter sereinement des vacances en famille. 

Pamela interroge donc plusieurs mamans : “Quel est votre secret ?” En réalité, la réponse est d’une évidence troublante, c’est pourquoi elle ne le remarque pas tout de suite. 

“On leur apprend très tôt à patienter”

Une maman, à Paris.

 

La patience, mais oui ! Tout individu a besoin d’apprendre à gérer sa frustration pour mieux la surmonter. Ainsi, au lieu de répondre immédiatement à la demande d’un petit, il est d’usage, ici en tout cas, de le faire patienter quelques instants, tout en l’informant que sa demande a bien été prise en considération. C’est acte simple permet à l’enfant de prendre conscience que ses parents étaient peut-être occupés avant qu’il ne formule sa demande mais qu’ils font désormais tout ce qu’ils peuvent pour le satisfaire au plus vite pour peu qu’il attende un tout petit peu.

Bon, c’est bien joli tout ça, mais vous vous demandez sûrement le rapport avec le sommeil des nourrissons et des très jeunes enfants pas vrai ? C’est simple : 

  • quand bébé se réveille, attendre quelques seconde avant de le rejoindre. Essayer d’analyser son pleur, ses gestes, ses mimiques.
  • si on est occupée (à faire la vaisselle par exemple ou à rédiger une lettre), parler à l’enfant, lui expliquer qu’on ne peut pas le prendre dans les bras tout de suite mais qu’on le comprend et qu’on fait tout pour arriver au plus vite
  • si on est disponible rien n’empêche de le prendre dans les bras, de jouer avec lui, etc
  • la nuit, attendre quelques minutes avant d’aller le consoler. Ce point est particulièrement important et je vous explique pourquoi dans la suite de l’article.
  • favoriser une ambiance de nuit aide à se laisser aller au sommeil : pas ou peu de lumière, moins de bruit et d’agitation sont autant de repères que l’enfant pourra prendre pour distinguer le jour de la nuit.

J’ai longtemps entendu dire qu’il ne fallait pas forcément se précipiter sur le berceau du bébé au moindre pleur, qu’il fallait en quelque sorte de détacher de lui et pour tout vous avouer, je ne voyais pas vraiment l’intérêt et je même trouvais ça assez cruel. 

Cependant, il est intéressant de noter que cette méthode n’est vraiment efficace que si elle est mise en place avant les 4 mois de l’enfant. Si comme moi, votre enfant a largement dépassé cet âge, je vous explique un peu plus loin comment faire.

 

Le sommeil des bébé 

Pour faire simple, un bébé enchaîne plusieurs cycles de sommeil d’une durée de 2h environs, mais se réveille plus ou moins entre chaque cycle. Pour lui apprendre à passer seul d’un cycle à l’autre, il est primordial de ne pas le rejoindre au moindre gémissement car il est très sûrement endormi et le prendre dans les bras, le caresser ou lui parler risque de le réveiller pour de bon et lui faire prendre l’habitude d’être accompagné entre chaque cycle. Le mieux est alors d’attendre quelques secondes pour être sûr qu’il soit bien réveillé, et non entre deux cycles.

 

Troubles du sommeil

J’ai longtemps sous-estimé les éventuels problèmes liés au sommeil de ma fille car je trouvais ce phénomène normal. Elle appelle, j’accoure. 

Mais j’ai dû reprendre un rythme de travail normal et j’avais besoin à nouveau de bien dormir la nuit. Le manque de sommeil a commencé à se faire sentir et je me suis à mon tour lancée dans la recherche de témoignages pouvant m’aider. Ainsi, j’ai découvert que se réveiller 12 fois par nuit (oui bon, j’exagère peut-être un peu) n’était pas du tout “normal” et qu’il exprimait à sa manière la nuit, un manque ou un malaise qu’il aurait ressenti dans la journée.

Les effets néfastes des troubles du sommeil sont nombreux et non-négligeables : 

  • pour l’enfant : agressivité, hyper-activité, irritabilité, troubles de l’apprentissage et de la mémoire, 
  • pour le couple : manque d’intimité, fatigue intense, irritabilité
  • pour la famille : mauvaise humeur, manque de disponibilité
  • pour la vie professionnelle : fatigue, baisse de concentration et de productivité

Dans tous les cas l’impatience est un élément caractéristique du manque de sommeil. 

 

Les causes d’un troubles du sommeil

” Le sommeil est le révélateur de l’enfant et de la vie familiale? Pour se coucher et s’endormir, se séparer quelques heures de ses parents, l’enfant doit avoir confiance dans son corps pour se laisser vivre sans son contrôle et être serein pour aborder l’étrangeté des pensées de la nuit.” 

“L’enfant et son sommeil”, Hélène De Leersnyder

 

Un enfant peut très bien dormir pendant ses premières semaine / premiers mois et ensuite développer des troubles du sommeil. Heureusement, ce n’est pas une fatalité mais pour régler efficacement le problème, il convient de remonter à sa source : 

  • La dose d’affection : le matin tout va très vite, on se réveille, on mange puis on s’habille et hop ! Direction la crèche ou l’école pour les uns et le travail pour les autres. On ne se retrouve que le soir, parfois assez tard, et on enchaîne avec “dîner-bain-dodo”. Pas de quoi donner envie de rejoindre Morphée pour recommencer le lendemain…”En plus papa et maman sont juste à côté, la nuit, pourquoi ne pas en profiter pour passer un peu de temps avec eux ?” Le même phénomène peut se produire chez les parents au foyer : travailler à la maison ou être très sollicité dans la journée peut réduire l’attention qu’on porte à un enfant (moins de jeux, de rires, d’activités…). Ainsi, on a pu constater une nette amélioration des nuits chez de très jeunes enfants dès lors que leurs parents ont augmenté l’attention qu’ils leur portaient dans la journée.

 

  • Le poids des secrets : croyez-le ou non, mais un enfant sent quand on essaye de lui cacher quelque chose (c’est plutôt impressionnant). Il peu s’agir de tout : une grossesse, un parent hospitalisé, une séparation récente… Le mieux, c’est de parler au petit, il faut lui expliquer les choses avec vos mots. Il ne comprendra pas forcément tout mais au moins, il saisira l’essentiel : vous n’essayez pas de vous enfuir et surtout, il n’est pas la cause de votre mal. Une maman dont le père était hospitalisé se rendait chaque jour à l’hôpital pendant la sieste de sa fille et n’était pas là à son réveil. Les troubles de sommeil de son enfant ont cessé d’exister à partir du jour où elle lui a expliqué où elle se rendait chaque jour et pourquoi. 

 

  • Le rythme de sommeil : même si on mange et dort à peu près tous aux mêmes heures, nous avons tous notre propre rythme de sommeil et les enfants ne font pas exception à la règle. Rien ne sert de le forcer à aller se coucher alors qu’il est en pleine forme, même si “c’est l’heure”, sinon le travail pour le mener jusqu’au sommeil sera long et fastidieux. Non, je pense que le mieux est d’être attentif aux petits signes de fatigue qu’il nous envoie : il se frotte les yeux, a les arcades sourcilières rouges, se tire les oreilles, s’allonge calmement sur le sol, devient tout à coup très calme ou au contraire très agité, va chercher son doudou… 

 

  • Une routine de sommeil peu claire : comme nous, les enfants aiment savoir ce qui les attend. Essayer d’instaurer une routine du soir claire et simple peut les aider à appréhender l’heure du coucher : bain + repas + jeux calmes / histoire + dodo par exemple. La meilleure routine du soir est celle que vous aurez choisie car personne ne connaît mieux votre bébé que vous. Cependant, essayez de la rendre la plus régulière possible en terme de temps, la routine ne doit pas s’éterniser au risque de faire comprendre à votre enfant que la nuit n’est peut-être pas assez rassurante pour s’y aventurer là maintenant, ou que les règles n’ont pas besoin d’être respectées. Il est cependant nécessaire qu’il y ai des exceptions : poussée dentaire, fièvre, etc

 

  • Un manque d’autonomie dans la journée : en effet, un manque d’autonomie dans la journée peut conduire à un sommeil agité. Si je ne sais pas rester seul de temps en temps dans la journée, pourquoi voudrais-je l’être le soir venu ? Il est important de laisser l’enfant découvrir les joies de jouer un peu seul parfois, le laisser imaginer comment il pourrait s’occuper pour passer le temps l’entraîne également à trouver comment s’occuper en attendant que le sommeil arrive (jouer avec un bout de couverture, avec ses pieds, chanter…). Plus il se prêtera à cet exercice, moins il craindra la séparation du soir car il saura qu’il verra ses parents le lendemain, et plongera sereinement dans une douce nuit réparatrice.

“Découvrir la paix de longues nuits sereines et accepter la solitude, n’est-ce pas là signe que l’enfant a retrouvé sa paix intérieure et dépassé son chagrin ?” 

“L’enfant et son sommeil”,  Hélène De Leersnyder

 

Que faire si mon bébé a plus de 4 mois ? 

L’auteure nous dit que dans ce cas, les scientifiques conseillent de laisser l’enfant pleurer la nuit. Une des ses amies nourrice lui confie qu’après avoir couché un enfant, elle lui explique (encore une fois) avant de s’endormir, qu’elle reviendra peut-être une fois si il l’appelle, mais c’est tout car c’est l’heure de dormir. 

Je dois vous avouer que j’étais un peu sceptique quant au succès de cette méthode. Je la trouvais vraiment radicale. Pamela (l’auteure) a également mentionné ses doutes mais a finalement décidé d’essayer sur sa fille, Bean, qui se réveillait systématiquement tous les soirs aux environs de 2h du matin. Le résultat est bluffant : Bean pleure 12 minutes (insoutenables pour ses parents) la première nuit avant de se rendormir seule, puis 5 minutes la nuit suivante. Elle fait ses nuits depuis

Je n’ai pas encore essayé à mon tour, je puise en moi le courage de me lancer car 12 minutes, ça semble rien, mais mon Dieu je tremble à l’idée d’entendre son bébé hurler à la mort et me chercher désespérément pendant si longtemps… En attendant j’ai commencé à attendre avant de la rejoindre et elle ne m’appelle quasiment plus la nuit et se rendort seule de plus en plus souvent

Bébé made in France, les secrets de l’éducation à la française” de Pamela Druckerman est une vraie pépite que je suis heureuse d’avoir découverte. 

 

Et vous, comment avez-vous fait pour que votre enfant fasses ses nuits ? 

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6 thoughts on “Pourquoi mon bébé ne dort pas …?”

  • Coucou Shureilya, merci pour cet article très intéressant. Pour ma part j’ai essayé la méthode du 5-10-15 que j’ai reformulé en 4-8-12 pour réussir à faire tenir mon petit coeur de maman. Aujourd’hui ma princesse fait ses nuits et elle met 3 minutes à s’endormir seule, en confiance. J’explique tout cela dans mon dernier rendez-vous des mots. Je t’invite à venir y faire un tour si cette méthode t’intéresses.
    EM.

    • Coucou EM 🙂 Les choix qui concernent nos enfants sont loin d’être les plus simples … J’ai lu ton article, je suis heureuse que cette méthode ai fonctionné pour toi ! Pour ma part, les réveils nocturnes de ma fille sont dû au fait que je travaille pour l’instant, je pense qu’il lui faut un peu de temps pour assimiler le fait que je ne soit plus là dans la journée. J’attendrais de voir ce que ça donne une fois le stage terminé ^^ A très bientôt sur le blog :*

  • Hello, j’ai fait cela avec mon ainé, et je t’avoue que je le regrette un peu! Attention à ses techniques qui sont simplement des « dressages » pour que l’enfant ne demande plus. Il est normal qu’un bébé ne fasse pas ses nuits (en France on a du mal à l’accepter), le sommeil ne se stabilise pas avant 6 ans. Les neurosciences indiquent maintenant clairement que laisser un bébé pleurer est nocif pour lui et son cerveau, d’ailleurs tu le dis très bien que c’est « insoutenable pour les parents », normal, instinctivement on sent très bien en nous que non, laisser pleurer bébé ne nous parle pas. C’est ainsi que je vois les choses (moi et les neuroscientifiques). Bon courage à toutes les mamans pour les nuits!

    • Bonjour Cendra,
      Je suis d’accord avec toi, le sommeil de chaque enfant lui est propre. Ne cherchons pas à généraliser mais plutôt à trouver les solutions adéquates à chaque situation. Même si elles ne me convenaient pas, je suis contente de avoir au moins essayé certaines méthodes. Cela permet d’aller de l’avant , d’être fixée, tu ne trouves pas ? Comment as-tu fais avec tes enfants pour leur “apprendre” à dormir ? 🙂

  • Quel ramassis de bêtises. Chaque enfant est différent. Combien de fois m’a t-on conseillé de laisser pleurer ma fille, qu’elle était capricieuse, qu’il fallait qu’elle se “fasse les poumons”. Je ne l’ai jamais fait et heureusement : on a fini par détecter au bout de 8mois et un nombre incalculable de médecins vus un RGO et une oesophagite. Quelle genre de mère aurais-je été si je l’avais laissée souffrir seule dans son lit? Le lien aurait été rompu. Mesdames un seul conseil: écoutez-vous, vous et vous seule!

    • Wahou, ton commentaire m’a laissée sans voix… Je n’ai jamais réussi à laisser pleurer ma fille, j’en ai été incapable et j’ai souvent culpabilisé à l’idée de ne peut-être pas avoir su lui “fixer certaines limites”, de ne pas avoir fait les choses comme il fallait avec elle ou que sais-je. A entendre certaines personnes c’est tellement facile de faire dormir son enfant, alors pourquoi rencontrais-je tant de difficultés …? Et puis un jour, alors que ma fille était particulièrement impatiente, j’ai été tentée d’être plus ferme avec elle. Mais j’ai finis par simplement la prendre dans mes bras pour qu’elle s’endorme. Le lendemain, j’ai vu qu’elle avait de la fièvre à cause de sa première dent qui poussait. Ce jour là, j’ai cessé de culpabiliser..
      Alors oui, écoutons-nous <3
      Merci beaucoup pour ton commentaire 🙂

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